Carburant : 7 % de baisse face à 33 % de chute mondiale — cherchez l’erreur

Les nouveaux tarifs des hydrocarbures sont entrés en vigueur ce samedi 6 décembre 2025. Une baisse qui, certes, soulage, mais qui apparaît bien timide au regard du contexte économique national et international.
Selon le troisième rapport d’exécution budgétaire, l’État s’est félicité d’avoir mobilisé 3 254,0 milliards FCFA de recettes, soit 69,7 % des prévisions annuelles, qualifiant ce résultat de performance.
Mais derrière ces chiffres flatteurs, une réalité moins reluisante se cache : une bonne partie de cette hausse des recettes fiscales — +7,6 % pour atteindre 2 987,9 milliards FCFA (72,9 % de l’objectif annuel)— provient directement des produits pétroliers.
Le Fonds de stabilisation des importations des produits pétroliers (FSIPP) a particulièrement explosé, avec une progression de 139 %, fruit du différentiel entre les prix internationaux en chute et les prix domestiques… maintenus à un niveau élevé.
En clair : l’État a profité de la baisse mondiale sans en faire bénéficier les consommateurs.
Depuis avril 2024, les cours internationaux du pétrole sont orientés à la baisse. Plusieurs pays de la sous-région ont répercuté cette tendance :
La Côte d’Ivoire a baissé ses prix à deux reprises, plus fortement que le Sénégal.Le Mali a réduit le prix de l’essence dès le 11 octobre 2024, passant de 800 à 750 FCFA, alors même que son carburant transite par… le Port de Dakar.
Face à ces comparaisons, la baisse annoncée aujourd’hui par le Gouvernement paraît tardive et insuffisante.
Une réduction de 7 %… face à une baisse mondiale de 33 %
Le prix de l’essence passe de 990 FCFA à 920 FCFA, soit une réduction de 7 %.
Pourtant, sur la même période d’avril 2024 à décembre 2025, le cours mondial du pétrole a chuté de 33 %.
Difficile, dans ces conditions, pour les Sénégalais d’applaudir une baisse qui semble plus cosmétique que réelle. Après avoir longtemps attendu un ajustement logique et socialement responsable, beaucoup y voient une décision tardive, presque suspecte.
La question demeure : le Gouvernement a-t-il vraiment baissé les prix, ou s’est-il contenté de lâcher la part minimale pour calmer les critiques ?
Bachir Fofana


