{"id":25854,"date":"2025-10-29T13:09:06","date_gmt":"2025-10-29T12:09:06","guid":{"rendered":"https:\/\/rioactu.net\/?p=25854"},"modified":"2025-10-29T13:09:06","modified_gmt":"2025-10-29T12:09:06","slug":"les-trois-pieges-qui-condamnent-le-regime-a-lechec-inevitable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rioactu.net\/?p=25854","title":{"rendered":"LES TROIS PI\u00c8GES QUI CONDAMNENT LE R\u00c9GIME \u00c0 L\u2019\u00c9CHEC IN\u00c9VITABLE"},"content":{"rendered":"<p>l y a des r\u00e9gimes qui \u00e9chouent parce qu\u2019ils tr\u00e9buchent, et d\u2019autres qui \u00e9chouent parce qu\u2019ils se trompent d\u2019essence. Celui-ci appartient \u00e0 la seconde cat\u00e9gorie. Il n\u2019a pas seulement manqu\u00e9 ses objectifs, il s\u2019est programm\u00e9 pour \u00e9chouer. Non pas par malchance, mais d\u2019un syst\u00e8me. Un syst\u00e8me o\u00f9 la communication a remplac\u00e9 la pens\u00e9e, la rancune a pris la place de la vision, la loyaut\u00e9 celle de la comp\u00e9tence, et la dualit\u00e9 celle de l\u2019\u00c9tat. Dans ces conditions, l\u2019\u00e9chec n\u2019est pas un accident, c\u2019est la trajectoire.<\/p>\n<p>Le premier signe d\u2019un grand leader, c\u2019est sa capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser l\u2019\u00e9nergie d\u2019un peuple tout entier vers un but commun. Mais ce r\u00e9gime a d\u00e9truit cette possibilit\u00e9 d\u00e8s son origine. Sa structure morale et sa m\u00e9thode politique reposent sur la division. Il parle toujours contre quelqu\u2019un, jamais pour quelque chose. Il ne rassemble pas, il additionne ses loyaux.<\/p>\n<p>Parce qu\u2019il se nourrit de la s\u00e9paration, il est incapable, m\u00eame s\u2019il le voulait, d\u2019appeler sinc\u00e8rement \u00e0 l\u2019unit\u00e9 nationale. \u00c0 chaque initiative, une large part du pays se ferme. La d\u00e9fiance est devenue un r\u00e9flexe national. Quand ils annoncent une r\u00e9forme, la v\u00e9rit\u00e9 meurt dans leur bouche, \u00e9touff\u00e9e par la m\u00e9fiance qu\u2019ils ont eux-m\u00eames cultiv\u00e9e. Et quand ils appellent \u00e0 la mobilisation, ce n\u2019est pas le pays qui r\u00e9pond, mais un fragment, leur base, leur chapelle, leurs militants. Ils n\u2019ont plus de peuple \u00e0 convaincre, ils ont des adeptes \u00e0 rallier. Et c\u2019est peut-\u00eatre l\u2019\u00e9chec le plus fondamental pour un chef d\u2019\u00c9tat, \u00eatre incapable d\u2019aligner l\u2019\u00e9nergie nationale sur un objectif partag\u00e9, et n\u2019oser m\u00eame plus tenter l\u2019unit\u00e9, parce que la division le nourrit politiquement. C\u2019est le premier pi\u00e8ge, la haine qui divise et la d\u00e9votion qui aveugle.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime vit de ce qui s\u00e9pare, il meurt de ce qui unit. Mais ce r\u00e9gime ne se contente pas de ha\u00efr ses ennemis, il est jaloux de tout ce qui le d\u00e9passe. Il ne supporte ni les anciens adversaires, ni les anciens alli\u00e9s. Il jalouse m\u00eame ceux qui l\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 arriver au pouvoir. Il les regarde d\u2019un \u0153il soup\u00e7onneux, comme s\u2019ils n\u2019avaient agi que par int\u00e9r\u00eat. Il m\u00e9prise ceux qui \u201cn\u2019\u00e9taient pas l\u00e0 au d\u00e9but\u201d. Il consid\u00e8re la R\u00e9publique comme un butin r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ceux du premier cercle, un espace ferm\u00e9, un entre-soi. Ces hommes se croient l\u00e9gitimes parce qu\u2019ils ont souffert, non parce qu\u2019ils savent. Ils se consid\u00e8rent \u00e9lus parce qu\u2019ils ont r\u00e9sist\u00e9, non parce qu\u2019ils comprennent. Ce sont des parvenus politiques, des arrivistes d\u2019\u00c9tat, qui confondent la conqu\u00eate du pouvoir avec la comp\u00e9tence pour l\u2019exercer. Ils ne dirigent pas un pays, ils g\u00e8rent une revanche. Ils ne gouvernent pas, ils se vengent.<\/p>\n<p>Et derri\u00e8re cette revanche se cachent deux moteurs morbides. Une haine visc\u00e9rale contre Macky Sall, devenue colonne vert\u00e9brale morale. Et une d\u00e9votion irrationnelle \u00e0 Ousmane Sonko, devenue religion politique. Ces deux pulsions les unissent et les condamnent. Ils ne peuvent renoncer \u00e0 la haine sans renier dix ans de discours. Ils ne peuvent douter du chef sans s\u2019effondrer collectivement. Aucun d\u2019entre eux n\u2019a de cr\u00e9dit personnel, ils vivent de la lumi\u00e8re du chef. Et ce chef, en voulant tout centraliser, a fini par tout immobiliser. C\u2019est le premier pi\u00e8ge, un r\u00e9gime prisonnier de ses passions, incapable d\u2019aimer le pays plus qu\u2019il ne se d\u00e9teste lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me pi\u00e8ge est le r\u00e9cit sur la dette. Au lieu d\u2019assumer l\u2019\u00c9tat, ils ont choisi de faire du soup\u00e7on une arme politique. Pour s\u2019inventer une rupture, ils ont brandi la fable d\u2019une \u201cdette cach\u00e9e\u201d, d\u2019un mensonge d\u2019\u00c9tat, d\u2019un complot financier h\u00e9rit\u00e9 de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Mais le drame, c\u2019est que ces accusations n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 men\u00e9es au nom du pays, elles ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es contre le pays.<\/p>\n<p>Car pendant que les proches de Macky Sall montent une d\u00e9fense s\u00e9rieuse, avec des experts, des avocats, des diplomates et des techniciens pour d\u00e9montrer la r\u00e9alit\u00e9 des chiffres, le nouveau r\u00e9gime, lui, improvisait une guerre de communication, pas une bataille de cr\u00e9dibilit\u00e9. Ils ont confi\u00e9 la d\u00e9fense du r\u00e9cit national \u00e0 des com\u00e9diens politiques, des chanteurs de haine, des agitateurs militants. Cheikh Babara Ndiaye, Waly Diouf Bodian, Dame Mbodji et d\u2019autres visages de la surench\u00e8re verbale sont devenus les nouveaux visages de la parole publique.<\/p>\n<p>Les uns parlent au monde, les autres \u00e0 leur chapelle. Les uns d\u00e9fendent la r\u00e9putation du S\u00e9n\u00e9gal, les autres nourrissent la col\u00e8re de leur base. Et c\u2019est l\u00e0 le c\u0153ur du scandale. Ils se moquent du pays. Ils savent qu\u2019ils ruinent la r\u00e9putation du S\u00e9n\u00e9gal, qu\u2019ils font douter les march\u00e9s, qu\u2019ils font grimper les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, mais ils s\u2019en moquent. Leur seule obsession est de maintenir leur base militante dans une transe permanente. Ils pr\u00e9f\u00e8rent un peuple qui les acclame \u00e0 un pays qui avance. Ils pr\u00e9f\u00e8rent des cris \u00e0 la comp\u00e9tence, des shows \u00e0 la diplomatie. R\u00e9sultat, les march\u00e9s doutent, les investisseurs h\u00e9sitent, les co\u00fbts s\u2019envolent.<\/p>\n<p>Chaque hausse de taux, chaque point de m\u00e9fiance, chaque rumeur amplifi\u00e9e par ces irresponsables se transforme en milliards de francs CFA perdus. Des milliards qui auraient pu financer des \u00e9coles, des h\u00f4pitaux, des routes, des salaires. Des milliards qui s\u2019envolent parce que le r\u00e9gime a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 faire du spectacle au lieu de faire de la politique. C\u2019est le deuxi\u00e8me pi\u00e8ge, celui de la trahison financi\u00e8re, o\u00f9 le mensonge politique devient une dette r\u00e9elle et o\u00f9 l\u2019incomp\u00e9tence co\u00fbte plus cher que la corruption.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me pi\u00e8ge est institutionnel, et peut-\u00eatre le plus implacable. Ce pays n\u2019a plus un pouvoir, mais deux. Le pouvoir constitutionnel et le pouvoir r\u00e9el. Ousmane Sonko n\u2019est pas seulement Premier ministre, il est l\u2019axe autour duquel tout gravite. Les minist\u00e8res cl\u00e9s comme l\u2019Int\u00e9rieur, la Justice ou l\u2019Administration sont tenus par ses fid\u00e8les. Les d\u00e9put\u00e9s de Pastef lui doivent leur mandat. Les maires du parti, les directions g\u00e9n\u00e9rales, les agences publiques, tout est dans son orbite. Il tient le parti, la rue, les nominations et les leviers invisibles de l\u2019administration. Le pr\u00e9sident, lui, n\u2019a presque plus de levier politique. Il pr\u00e9side, mais il ne gouverne pas. Il a le titre, mais pas l\u2019autorit\u00e9. Et chaque fois qu\u2019il voudra imposer la comp\u00e9tence au-dessus de la fid\u00e9lit\u00e9, il heurtera la machine qui le tient en place. C\u2019est le troisi\u00e8me pi\u00e8ge, le bic\u00e9phalisme du pouvoir.<\/p>\n<p>Un \u00c9tat ne peut pas avoir deux t\u00eates. Quand un seul homme concentre la l\u00e9gitimit\u00e9 institutionnelle et qu\u2019un autre concentre la l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e9motionnelle, la gouvernance devient un champ de ruines. Aucun ordre ne peut \u00eatre stable quand il faut demander la b\u00e9n\u00e9diction du charisme avant d\u2019appliquer la loi. Le bic\u00e9phalisme n\u2019est pas une invention pol\u00e9mique, c\u2019est un fait structurel que toute d\u00e9mocratie doit apprendre \u00e0 surmonter. Tant que cette confusion perdurera, le S\u00e9n\u00e9gal sera dirig\u00e9 par deux volont\u00e9s qui se neutralisent.<\/p>\n<p>Ces trois pi\u00e8ges, la haine et la d\u00e9votion, la trahison financi\u00e8re et le bic\u00e9phalisme, forment un engrenage fatal. Le r\u00e9gime ne peut en sortir sans se renier. S\u2019il dit la v\u00e9rit\u00e9, il perd sa base. S\u2019il ment, il perd le pays.<br \/>\nS\u2019il agit pour la nation, il s\u2019ali\u00e8ne le parti. S\u2019il agit pour le parti, il d\u00e9truit la nation. Mais le r\u00e9el finit toujours par parler. Il parlera par la dette qui s\u2019alourdit, par les prix qui montent, par les \u00e9coles sans tables, par les h\u00f4pitaux sans m\u00e9dicaments, par la col\u00e8re des familles fatigu\u00e9es de croire. Et ce jour-l\u00e0, les slogans se tairont, les illusions tomberont, et il faudra reconstruire, non sur des promesses, mais sur des principes.<\/p>\n<p>Pourtant, tout n\u2019est pas perdu. Car la lucidit\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9sistance. Ce pays n\u2019est pas mort. Il est bless\u00e9, abus\u00e9, mais encore debout. Il reste en lui des femmes et des hommes qui croient au S\u00e9n\u00e9gal sans condition, qui savent que la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019appartient \u00e0 aucun camp. Sauver le S\u00e9n\u00e9gal, ce n\u2019est pas d\u00e9truire un r\u00e9gime, c\u2019est sauver l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un pays gouvernable, responsable et digne. C\u2019est redonner \u00e0 l\u2019\u00c9tat sa verticalit\u00e9, \u00e0 la politique sa noblesse, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 sa place. Il faudra du courage pour cela, le courage de perdre la face, mais de sauver la patrie. Un jour, peut-\u00eatre bient\u00f4t, ceux qui aiment ce pays comprendront que la R\u00e9publique ne se venge pas, elle se rel\u00e8ve. Et ce jour-l\u00e0, l\u2019espoir rena\u00eetra, non pas dans le vacarme des promesses, mais dans le silence des actes justes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>l y a des r\u00e9gimes qui \u00e9chouent parce qu\u2019ils tr\u00e9buchent, et d\u2019autres qui \u00e9chouent parce qu\u2019ils se trompent d\u2019essence. Celui-ci appartient \u00e0 la seconde cat\u00e9gorie. Il n\u2019a pas seulement manqu\u00e9 ses objectifs, il s\u2019est programm\u00e9 pour \u00e9chouer. Non pas par malchance, mais d\u2019un syst\u00e8me. 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